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Le stade idéal n'existe pas.

On peut s'appuyer sur cette déclaration de Michel Platini, glissée peu avant la Coupe du monde. "Le stade idéal, c'est le Stade de France, évidemment." Peut-être. Mais on peut aussi penser que le stade idéal n'existera jamais, parce qu'il est impossible de prévoir aujourd'hui les comportements sociaux de ceux qui le fréquenteront demain.

Pourtant, à l'aube du XXIe siècle, entre les recommandations des fédérations internationales et la diversification rendue nécessaire pour que l'entreprise "stade" devienne rentable, on peut imaginer ce que sera le théâtre sportivo-convivial de demain. Etant entendu qu'il n'y aura plus de place à, l'avenir pour des enceintes d'un autre âge comme celle des Charmilles.

Temple d'une certaine forme de vie sociale, la vocation d'un stade est de n'être pas trop éloigné de la ville. Mais le manque de terrains intra-muros et la spéculation immobilière l'obligent pourtant de plus en plus à s'exiler en périphérie, dans des banlieues industrielles désaffectées, là où le terrain est moins cher et les nuisances quasi nulles.

Le confort du spectateur s'inscrit dans les recherches les plus avancées de l'architecte d'intérieur du stade. Les références sont nombreuses qui vont du stade Constant- Van-den-Stock d'Anderlecht, au Louis-II de Monaco ou l'Arena de l'Ajax Amsterdam. Partout, désormais, on soigne le client, on personnalise, on multiplie les prestations. Ainsi, des écrans de télévision sont placés au -dessus des tribunes pour faciliter la "lecture" détaillée des actions du match. L'écran géant fait aussi partie intégrante du stade moderne pour capter l'attention avant, comme après les rencontres. Pour animer la partie, pour la diffusion de la publicité.

On a imaginé aussi des tribunes modulables pour lutter contre l'effet "siège vide" lorsque l'affluence varie en fonction de l'événement. (...)


Un stade européen pour Genève
Supplément de la TRIBUNE DE GENEVE
Samedi 14 novembre 1998

©The Teol Productions

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